Tour du canton de Genève

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Après avoir découvert qu’il existait un tour du Léman pour les cyclotouristes, j’ai fait une recherche pour voir s’il y avait d’autres « courses » du même style. J’ai donc fait les 100 km de la journée lausannoise du vélo et j’ai vu qu’il y avait aussi les 126 km du tour du canton de Genève. Encore un challenge de taille à relever 🙂 Et puis bon, si un jour j’ai envie de faire un IM 70.3, il faut peut-être que je me bouge. C’était marqué pour cyclistes « confirmés » mais ça veut dire quoi, confirmé ? Et pis de toute façon, le canton de Genève c’est plat ! Alors !

Du coup, c’est avec la fleur au fusil que je me suis pointée à Genève, toute pimpante après avoir failli dégobiller mon omelette « pré-journée intense de sport ». J’ai rempli mon sac à dos de pâtes de fruits et de gels Sponser, j’ai pris une bonne grosse barre de 29 g de protéines (excellente !), 2 sandwichs et mes deux gourdes d’1 litre .

Faute de trouver une place de parc proche du départ (Genève oblige…), je me suis garée à 3 km. Ce sera l’échauffement. 7h20, me voilà partie pour aller chercher mon dossard. 7h32, me voilà partie pour effectuer les 126 km jusqu’à l’arrivée.

Je talonne un groupe de cyclistes sur quelques km. Ça roule bien et je profite de l’abri car c’est journée venteuse !!!! Le problème des « pelotons », c’est que tu vois que dalle devant… Quand soudain, le cycliste devant moi fait un brusque écart pour éviter la borne qui sépare la piste cyclable de la piste piétonne… Juste eu le temps d’éviter cette aberration d’un ingénieur des routes diplômé de l’EPFL ou autre grand cerveau malade, sinon je me vautrais de tout mon long. Petite sueur froide aussi pour le mec juste derrière moi… Cela nous aura permis d’ouvrir la discussion pour passer le temps 🙂

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Ce genre d’aberration…

A 5 km, je pars en solo et je préserve la monture en m’abritant de temps en temps derrière d’autres copains qui se prennent le vent en pleine face. Le tour du Canton de Genève est super bien organisé (même si ça m’embête de l’avouer : les courses que j’ai faites à Genève étaient toujours super). Le balisage est super bien fait, impossible de se perdre. Pour être certain que tu ne « triches » pas en coupant sur le parcours, il y a 3 points de contrôle que tu dois poinçonner sur ta carte pour montrer que tu as bien suivi l’itinéraire et 3 autres points qui se trouvent aux ravitaillements. J’ai l’impression de faire une course d’orientation 😀

Les paysages sont superbes, c’est relativement plat comme je l’espérais et l’itinéraire est vraiment cool. Pourtant, après 20 km, quand je me dis que je dois faire encore 5 fois la même chose, mon mental commence à vaciller. Dans quel délire je me suis encore lancée ? Vers les 40 km arrive le premier ravito. Fromages, morceaux de pain, petit yogourt, remplissage de la gourde, point de contrôle et départ (encore une fois, le ravito était super bien organisé). A 50 km, je me rends compte que je n’ai pas encore fait la moitié du parcours, ça souffle et je commence à avoir mal aux fesses.

60 km !!!! J’ai « presque » fait la moitié !!!! Et c’est quoi ces faux plats ???? Je roule toute seule et je dois reconnaître que je m’ennuie profondément. Je commence à en avoir marre quand je vois ces gens rouler en club papoter tranquillement et profiter de l’aspi des collègues ! Pourquoi j’ai pas de potes sportifs pour m’accompagner dans mes délires ??

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J’ai fait 2 fois le tour du lac de Neuchâtel et ça ne m’avait pas plus traumatisée que ça. Summum de la journée, je n’avais pas de musique dans les oreilles, ce qui aurait pu me motiver un peu plus et faire passer le temps un peu plus vite. Et pis bon, qu’est-ce que j’ai mal aux fesses ! J’ai beau me mettre en danseuse régulièrement, impossible de soulager mon postérieur. Et ça monte de plus en plus et je pèse de plus en plus dessus U_U

Vers les 70  km, un trouduc me suit dans la roue. Genre vraiment dans ma roue à tel point que si je freinais, il me rentrait pile poil dedans. Il a fait ça sur environ 5 km pour bien profiter de mon aspi alors que je me prenais le vent de face. Quand une montée est arrivée, je te l’ai semé en moins de deux et encore plus puissamment à la descente derrière. Jusqu’au ravito, je le sentais bien, tellement bien qu’un petit groupe s’est formé derrière moi. Personne ne dépassait donc faut croire que j’étais une bonne meneuse. Je roulais à un bon rythme, traversait les bleds à toute blinde en anticipant bien les panneaux et dépassait bon nombre de copains.

90 km !!!! et déjà 4h de vélo !!!!! Mais j’avance pas en fait !!!!! (je m’étais fixée 4h30, je ne savais pas que j’étais aussi mauvaise que ça et mon mental en prend un sacré coup). Là, j’imagine l’Ironman… mon rêve. 180 km, 8h à un rythme pourri à avoir mal aux fesses et un marathon à courir juste derrière… Est-ce vraiment envisageable ???

Sur la route, il y a un petit garçon qui tape dans les mains des cyclistes. Un petit, tout petit regain de motivation. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai soupiré d’ennui (et d’énervement). A force de m’exciter sur mes jambes toutes flagadas. Je ne comprenais pas pourquoi je devais forcer autant alors que c’était plat. Quand j’ai rattrapé deux mecs devant moi qui poussaient sur leurs gros mollets de coureurs du TDF, j’ai compris. C’était un maudit faux plat qui n’en finissait pas ! Du coup, j’ai demandé pardon à mes jambes qui donnaient déjà vraiment tout ce qu’elles pouvaient et même au-delà. En fait, le canton de Genève, c’est pas plat…

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Sur ce long parcours parsemé de faux plats et de quelques montées bien incisives, j’ai constaté que je ne suis pas si mauvaise que ça, en particulier en montée. Même si j’ai fini ma course en 5h30 (affreux !) je suis super fière de moi 😀 Par contre, j’ai un peu d’appréhension pour le cyclotour du Léman (180 km). J’ai beau me sentir capable de faire beaucoup de choses, là, j’ai l’impression que ça me dépasse complètement et rien que d’y penser, mon postérieur me lance…

Mon corps à tendance à me jouer de mauvais tours en ce moment et je ne peux malheureusement pas lui en vouloir. J’en prends soin autant que possible, au niveau du sport et avec une alimentation et une vie privée saine et équilibrée. Seulement au niveau professionnel, je suis entrain de vivre un stress permanent qui a des conséquences assez anormales sur ma santé comme sur ma vie privée, raison pour laquelle je suis entrain de préparer ma reconversion. En 2020, je devrais pouvoir voler de mes propres ailes 🙂

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